Les charges locatives, aussi appelées charges récupérables, sont les dépenses que le bailleur avance et qu'il peut ensuite réclamer au locataire. La liste de ces charges est strictement encadrée par le décret du 26 août 1987 (modifié depuis). Toute charge hors liste reste à la charge exclusive du propriétaire. Voici un guide complet pour 2026.

Qu'est-ce qu'une charge récupérable ?

L'article 23 de la loi du 6 juillet 1989 en donne trois catégories. Ce sont les sommes dues en contrepartie des services rendus liés à l'usage du logement (eau, chauffage collectif, ascenseur), des dépenses d'entretien courant et des menues réparations des éléments d'usage commun, et des impositions qui correspondent à des services dont le locataire profite directement (enlèvement des ordures, balayage). Le bailleur paie d'abord, puis se rembourse par des provisions mensuelles, ajustées chaque année lors de la régularisation.

Le détail figure en annexe du décret n° 87-713 du 26 août 1987. Cette liste est limitative : une dépense qui n'y figure pas reste à la charge du bailleur, même si le bail prévoit le contraire. Seule exception : dans le logement social, un accord collectif peut la compléter.

💡 En location nue, les charges sont payées par provisions, puis régularisées. En location meublée, les parties peuvent convenir d'un forfait de charges : il n'y a alors pas de régularisation, mais le forfait peut être révisé chaque année dans les mêmes conditions que le loyer.

Les 8 rubriques du décret 87-713 en un tableau

L'annexe du décret est découpée en huit rubriques. Le tableau en donne l'essentiel ; le détail suit.

RubriqueRécupérable (exemples)Non récupérable
I. Ascenseurs et monte-chargeÉlectricité, visites d'entretien, graissage, dépannage sans pièces, petites pièces (boutons, contacts de porte, fusibles)Remplacement de l'appareil, gros travaux de mise aux normes
II. Eau, eau chaude et chauffage collectifsEau et redevance d'assainissement, combustible ou énergie, entretien courant de la chaufferie, ramonage, location et relevé des compteursRemplacement de la chaudière, équilibrage du réseau
III. Installations individuellesEntretien courant et menues réparations de la chaudière, du chauffe-eau, des robinets et des chasses d'eau, quand le bailleur les fait à la place du locataireRemplacement de l'appareil
IV. Parties communes intérieuresÉlectricité, produits d'entretien, sel, minuterie, tapis, réparation de l'aspirateur, personnel de ménagePeinture et réfection des parties communes
V. Espaces extérieursÉlectricité, carburant, engrais, plants de remplacement, tonte, arrosage, bassins et fontaines, aires de jeux, peinture des bancsPlantations pour refaire massifs, plates-bandes ou haies
VI. HygièneSacs poubelle, désinsectisation, désinfection des vide-ordures, vidange des fosses, sortie des poubelles—
VII. Équipements diversÉnergie et entretien de la ventilation mécanique, ramonage des conduits de ventilation, portes automatiques ou à code, interphonesContrôles réglementaires de sécurité des nacelles de nettoyage
VIII. Impositions et redevancesTaxe ou redevance d'enlèvement des ordures ménagères, taxe de balayageTaxe foncière, frais de gestion figurant sur l'avis

Le détail, rubrique par rubrique

I. Ascenseurs et monte-charge

II. Eau froide, eau chaude et chauffage collectifs

III. Installations individuelles

Chaudière ou chauffe-eau du logement, robinetterie, chasses d'eau : leur entretien courant incombe normalement au locataire. Le bailleur n'en récupère le coût que s'il fait ces opérations à la place du locataire (article 3 du décret), par exemple par un contrat d'entretien collectif des chaudières individuelles.

IV. Parties communes intérieures

V. Espaces extérieurs

Voies de circulation, parkings, abords, espaces verts et aires de jeux de l'immeuble.

⚠️ Les plantes achetées pour refaire un massif, une plate-bande ou une haie sont exclues par le décret : seules les plantes de remplacement sont récupérables.

VI. Hygiène

VII. Équipements divers

VIII. Impositions et redevances

Deux règles générales complètent la liste. Le décret ne distingue pas un service assuré par le bailleur lui-même d'un service confié à une entreprise ; dans ce cas, le contrat doit séparer les dépenses récupérables des autres. Et le remplacement d'un élément d'équipement ne compte comme une menue réparation que s'il ne coûte pas plus cher qu'elle.

Gardien, concierge, employé d'immeuble : les pourcentages

Situation (selon le contrat de travail)Part récupérable
Gardien ou concierge qui assure l'entretien des parties communes et la sortie des poubelles75 %
Gardien ou concierge qui n'assure que l'une des deux tâches40 %
Employé d'immeuble chargé de l'entretien ou de la sortie des poubelles100 %
Personnel d'encadrement qui contrôle directement le gardien (service en régie)10 %

Le pourcentage porte sur le salaire et les charges sociales et fiscales. Il reste le même quand un remplaçant intervient pendant les repos, les congés ou un arrêt de travail. Un couple de gardiens sous contrat commun compte comme une seule personne. Sont exclus du calcul : le salaire en nature (logement de fonction par exemple), l'intéressement, les indemnités de départ en retraite et de licenciement, la mutuelle payée par l'employeur, la contribution au comité d'entreprise, la participation à l'effort de construction et la médecine du travail.

Ce qui n'est PAS récupérable sur le locataire

Tout ce que l'annexe ne cite pas reste à la charge du bailleur. Les cas les plus fréquents :

DépensePourquoi
Ravalement, toiture, gros œuvreGrosses réparations, hors liste
Remplacement d'une chaudière, d'un ascenseur, d'un interphoneRemplacement, et non entretien courant
Honoraires du syndic, frais de gestion locativeHors liste
Assurance de l'immeuble, assurance propriétaire non occupantHors liste
Taxe foncière et frais de gestion de l'avisSeule la taxe ou redevance d'ordures ménagères est visée
Travaux de rénovation énergétique, mise en conformitéAmélioration, hors liste
Peinture des parties communesHors liste

La régularisation annuelle obligatoire

Quand les charges sont payées par provisions, le bailleur doit procéder à une régularisation annuelle. Un mois avant, il communique au locataire le décompte par nature de charges et, dans un immeuble collectif, le mode de répartition entre les locataires (article 23 de la loi du 6 juillet 1989). → méthode et calculateur de régularisation

⚠️ Les actions relatives aux charges se prescrivent par 3 ans (article 7-1 de la loi de 1989), pour le bailleur qui réclame un rappel comme pour le locataire qui demande un trop-perçu ; pour ce dernier, le délai court à compter de la régularisation. Et si la régularisation n'est pas faite avant la fin de l'année civile qui suit celle des charges, le locataire peut demander à payer le rappel en douze mensualités.

Cas particulier : la location meublée avec forfait de charges

En location meublée, les parties peuvent convenir d'un forfait mensuel de charges inscrit dans le bail. Ce forfait ne donne lieu à aucun complément ni à aucune régularisation, quelle que soit la consommation réelle ; il peut en revanche être révisé chaque année dans les mêmes conditions que le loyer, et ne doit pas être manifestement disproportionné au regard des charges du précédent locataire. Le bailleur supporte les écarts entre le forfait et les dépenses réelles. Ce système simplifie la gestion mais peut être défavorable si les charges réelles augmentent fortement (hausse des prix de l'énergie, par exemple).

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Conseils pratiques

Sources

Cet article a une valeur informative et ne remplace pas le conseil d'un professionnel.