Face à un loyer impayé, la procédure est longue mais balisée, et elle a été modifiée par la loi du 27 juillet 2023 : délai du commandement de payer ramené à six semaines, clause résolutoire obligatoire dans tout bail, sanctions pénales alourdies pour qui pousse un locataire dehors par ses propres moyens. Voici les étapes dans l'ordre, du premier retard à l'expulsion, avec ce que dit chaque texte.

⚠️ Jamais d'expulsion « maison ». Couper l'eau ou l'électricité, changer les serrures, menacer ou faire pression pour forcer un locataire à partir sans décision de justice ni concours de l'État est puni de trois ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (article 226-4-2 du Code pénal).

1. Les premiers jours : relance et mise en demeure

Un retard n'est pas toujours un refus de payer : oubli, changement de banque, aide au logement suspendue. Contactez le locataire rapidement, par écrit, et proposez si besoin un échéancier. Faute de réponse, envoyez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception : elle fixe la dette, la période et un délai pour payer. → Modèle de mise en demeure

Si le locataire perçoit une aide au logement versée directement au bailleur, signalez l'impayé à la CAF ou à la MSA dans les délais prévus, sans quoi vous risquez de perdre l'aide pour la période en cause.

2. Faire jouer les garanties

3. Le commandement de payer

Le commandement de payer est délivré par un commissaire de justice. Il vise la clause résolutoire du bail et doit contenir, à peine de nullité :

Quand l'impayé dure depuis deux mois sans interruption, ou que la dette atteint deux mois de loyer hors charges, le commissaire de justice signale le commandement à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions (CCAPEX). Si le locataire paie toute la dette dans les six semaines, la clause résolutoire ne joue pas. → La clause résolutoire en détail

4. L'assignation devant le juge

Passé le délai, le bailleur assigne le locataire devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire, pour faire constater la résiliation du bail et obtenir son expulsion. Deux formalités encadrent cette étape :

5. Le jugement

Le juge vérifie la dette et la régularité de la procédure. Il peut accorder au locataire des délais de paiement jusqu'à trois ans, s'il est en mesure de régler sa dette et a repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience. Pendant ces délais, les effets de la clause résolutoire sont suspendus ; si le locataire les respecte, la clause est réputée n'avoir jamais joué. Sinon, la résiliation et l'expulsion reprennent leurs effets.

6. De la décision à l'expulsion

Les autres voies

Questions fréquentes

Combien de temps a le locataire pour payer après le commandement ?

Six semaines depuis la loi du 27 juillet 2023, contre deux mois auparavant. Le commandement doit mentionner ce délai à peine de nullité.

Peut-on expulser un locataire en hiver ?

Non : du 1er novembre au 31 mars, la trêve hivernale interdit d'exécuter une expulsion, sauf exceptions prévues par la loi. La procédure judiciaire, elle, peut se poursuivre.

Le juge peut-il accorder des délais au locataire ?

Oui, jusqu'à trois ans pour payer sa dette, s'il en a les moyens et a repris le paiement du loyer courant avant l'audience, et d'un mois à un an pour quitter les lieux.

Que risque un bailleur qui coupe l'électricité ou change les serrures ?

Trois ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (article 226-4-2 du Code pénal), sans compter les dommages et intérêts dus au locataire.

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Sources

Cet article a une valeur informative et ne remplace pas le conseil d'un professionnel.