Le locataire peut quitter son logement à tout moment, sans avoir à justifier sa décision. Mais il doit respecter un préavis dont la durée dépend du type de location et de sa situation personnelle. Dans certains cas précis, la loi permet de réduire ce délai à un mois. Voici tout ce qu'il faut savoir en 2026, que vous soyez bailleur ou locataire.

Le préavis de droit commun

En dehors de toute situation particulière, le locataire qui souhaite quitter son logement doit respecter un préavis dont la durée est fixée par la loi du 6 juillet 1989 :

Type de locationPréavis de droit commun
Location nue (résidence principale)3 mois
Location meublée (résidence principale)1 mois
Location nue en zone tendue1 mois (voir ci-dessous)

💡 En location meublée, le préavis d'un mois est la règle de droit commun — pas une exception. Seule la location nue impose 3 mois par défaut, sauf cas particuliers.

Les cas de préavis réduit à 1 mois (location nue)

L'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 liste les situations dans lesquelles le locataire d'un logement nu peut bénéficier d'un préavis réduit à un mois :

1. Zone tendue

Le logement est situé dans une zone d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants où il existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande (liste fixée par décret). Ce motif s'applique automatiquement selon l'adresse du bien — le locataire n'a pas à justifier d'une raison personnelle.

2. Mutation professionnelle, mobilité ou nouvel emploi

Dans ces cas, le locataire doit produire un justificatif : lettre de mutation de l'employeur, promesse d'embauche ou contrat de travail.

3. Licenciement

Le licenciement (sauf démission et rupture conventionnelle) ouvre droit au préavis réduit. Le locataire joint la lettre de licenciement à son congé. La rupture conventionnelle n'est pas assimilée à un licenciement pour ce dispositif.

4. État de santé

Le locataire dont l'état de santé justifie un changement de domicile peut bénéficier du préavis réduit. Il doit fournir un certificat médical attestant que son état de santé nécessite ce déménagement (ex. : accessibilité, soins spécialisés dans une autre région).

5. Bénéficiaires du RSA ou de l'AAH

Les locataires bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) ou de l'allocation adulte handicapé (AAH) peuvent partir avec un mois de préavis. Un justificatif de versement de l'allocation suffit.

6. Logement insalubre ou indécent

Lorsque le logement a fait l'objet d'un arrêté préfectoral ou municipal d'insalubrité ou de péril, le locataire bénéficie d'un préavis réduit à un mois.

7. Violence conjugale

Le locataire victime de violences conjugales, attestées par une ordonnance de protection ou une décision de justice, peut quitter le logement avec un préavis d'un mois, même si le bail est à son seul nom.

⚠️ Ces motifs de préavis réduit sont limitatifs. Un simple déménagement de convenance, un achat immobilier ou une séparation sans ordonnance de protection ne permettent pas de réduire le préavis à 1 mois en location nue hors zone tendue.

Formalités : comment donner congé ?

Le congé doit être adressé au bailleur selon l'une des formes suivantes :

Le congé doit mentionner le motif invoqué s'il justifie un préavis réduit, et être accompagné du justificatif correspondant dès l'envoi.

💡 Envoyez toujours la lettre de congé en LRAR avec les justificatifs en pièce jointe. Conservez l'accusé de réception : il constitue la preuve de la date d'envoi, qui détermine le point de départ du préavis.

Point de départ du délai de préavis

Le préavis commence à courir à la date de réception de la lettre par le bailleur (ou de la signification par huissier), et non à la date d'envoi. Si le bailleur est absent et ne retire pas le recommandé, le délai part à la date de la première présentation du pli par La Poste — mentionnée sur l'avis de passage.

Mode d'envoiPoint de départ du préavis
LRARDate de 1re présentation (réception ou avis de passage)
HuissierDate de signification par l'huissier
Remise en main propreDate figurant sur le récépissé signé

Le locataire qui part avant la fin du préavis

Si le locataire remet les clés avant l'expiration du préavis, il reste redevable du loyer jusqu'au terme de ce préavis, sauf si le bailleur a trouvé un nouveau locataire qui occupe le logement avant cette date. Dans ce cas, le loyer ne court que jusqu'à l'entrée du nouveau locataire.

En pratique, le bailleur a tout intérêt à relouer rapidement : le locataire sortant peut être libéré plus tôt de son obligation, ce qui facilite la transition à l'amiable.

Le bailleur qui refuse d'accepter le congé : nullité du refus

Le locataire n'a pas besoin de l'accord du bailleur pour donner congé. C'est un droit unilatéral. Tout refus du bailleur d'accepter le congé est nul et sans effet. Le locataire peut partir dès l'expiration du préavis, que le bailleur ait ou non répondu, accepté ou contesté le motif invoqué.

En cas de litige sur la durée du préavis (le bailleur conteste le motif de réduction), le locataire peut saisir la commission de conciliation départementale ou le tribunal judiciaire. Les juges examinent la réalité et la justification du motif.

⚠️ Si le locataire invoque un faux motif pour bénéficier du préavis réduit (ex. : faux certificat médical, fausse lettre de mutation), il s'expose à devoir payer les loyers du préavis non respecté, voire des dommages et intérêts pour fraude.

Synthèse : tableau récapitulatif

SituationPréavis location nuePréavis meublé
Cas général3 mois1 mois
Zone tendue1 mois1 mois
Mutation / nouvel emploi / licenciement1 mois1 mois
RSA / AAH1 mois1 mois
État de santé justifié1 mois1 mois
Logement insalubre (arrêté)1 mois1 mois
Violence conjugale (ordonnance)1 mois1 mois

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