Fiscalité

Taxe foncière 2026 : comment elle est calculée et comment la contester

GestiPilot · 11 août 2026 · 5 min de lecture

La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est l'un des impôts locaux les plus visibles pour les propriétaires bailleurs. Son montant a fortement progressé ces dernières années, notamment suite à la revalorisation des bases cadastrales. Voici comment elle est calculée, qui peut en être exonéré, et comment contester un avis que vous estimez erroné.

La base de calcul : la valeur locative cadastrale

La taxe foncière est assise sur la valeur locative cadastrale du bien, revalorisée chaque année par un coefficient national fixé en loi de finances. Cette valeur locative est une estimation théorique du loyer annuel que le bien pourrait produire, calculée sur des références datant de 1970 et réactualisées périodiquement.

La base nette imposable correspond à 50 % de la valeur locative cadastrale brute (abattement forfaitaire de 50 % représentant les charges du propriétaire). C'est cette base nette qui est multipliée par les taux votés par les collectivités territoriales.

ComposanteExplication
Valeur locative cadastrale bruteLoyer théorique annuel estimé par le cadastre
Abattement forfaitaire50 % (représente les charges propriétaire)
Base nette imposableVLC brute × 50 %
Taux communal + intercommunal + départementalVoté chaque année par les collectivités
Taxe foncière dueBase nette × somme des taux

Les hausses 2023-2026 : pourquoi la note a grimpé

Depuis 2023, les bases cadastrales sont revalorisées chaque année selon l'indice des prix à la consommation harmonisé de novembre N-1. En 2023, cette revalorisation a atteint +7,1 %, la plus forte depuis des décennies. En 2024, elle a été de +3,9 %, et en 2025 de +1,8 %. Ces hausses s'accumulent mécaniquement. Auxquelles s'ajoutent les augmentations de taux décidées par certaines communes — Paris avait notamment augmenté son taux de 52 % en 2023.

Sur trois ans, certains propriétaires ont vu leur taxe foncière augmenter de 15 à 25 % sans aucun changement sur leur bien.

Les exonérations possibles

Exonération temporaire pour les constructions nouvelles

Les logements neufs (construction, reconstruction, addition de construction) bénéficient d'une exonération totale de taxe foncière pendant 2 ans à compter du 1er janvier suivant l'achèvement des travaux. Pour en bénéficier, il faut déposer une déclaration auprès du centre des impôts fonciers dans les 90 jours de l'achèvement.

Exonérations pour les personnes âgées ou à revenus modestes

Certains propriétaires occupants peuvent bénéficier d'exonérations ou de dégrèvements sous conditions de revenus et d'âge (plus de 75 ans pour l'exonération totale, plus de 65 ans pour le dégrèvement de 100 €). Ces dispositifs ne s'appliquent qu'aux résidences principales et ne concernent pas les bailleurs.

Exonérations pour logements économes en énergie

Les collectivités peuvent voter une exonération facultative (partielle ou totale, jusqu'à 5 ans) pour les logements qui font l'objet de travaux d'économie d'énergie. Vérifiez auprès de votre mairie si cette exonération est en vigueur dans votre commune.

La taxe foncière est-elle déductible ?

Oui, pour les bailleurs au régime réel des revenus fonciers : la taxe foncière est intégralement déductible des revenus fonciers, à l'exception de la part correspondant à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), récupérable sur le locataire.

Pour une SCI à l'IS, la taxe foncière est une charge d'exploitation déductible du résultat imposable.

Au régime micro-foncier (abattement forfaitaire de 30 %), aucune déduction spécifique n'est possible : la taxe foncière est censée être couverte par l'abattement.

Comment contester votre taxe foncière ?

Les motifs recevables

Une réclamation est recevable si :

Ce qui n'est pas contestable : le taux voté par la commune est une décision politique qui ne peut faire l'objet d'un recours fiscal individuel. La revalorisation annuelle nationale non plus.

Le délai et la procédure

La réclamation doit être déposée auprès du centre des impôts fonciers compétent avant le 31 décembre de l'année suivant la mise en recouvrement de l'avis d'imposition. Pour un avis reçu en 2026, la date limite est le 31 décembre 2027.

  1. Rassemblez les preuves : annonces de biens comparables, relevé de propriété (disponible sur impots.gouv.fr), photos, acte notarié.
  2. Déposez une réclamation par courrier recommandé ou via votre espace impots.gouv.fr (rubrique "Réclamer").
  3. Précisez le motif, le montant contesté et la base que vous estimez correcte.
  4. L'administration dispose de 6 mois pour répondre. En cas de silence, la réclamation est réputée rejetée et vous pouvez saisir le tribunal administratif.
Astuce : consultez le relevé de propriété de votre bien (formulaire 6650) pour vérifier la catégorie cadastrale attribuée (1 à 8), la surface pondérée et les équipements pris en compte. Une erreur sur la catégorie peut conduire à une surévaluation significative.

SCI et taxe foncière

Une SCI est redevable de la taxe foncière comme tout propriétaire. La taxe est émise au nom de la SCI (ou de ses associés si la SCI n'est pas immatriculée). Dans une SCI à l'IR, la taxe foncière payée par la SCI est déductible des revenus fonciers de chaque associé au prorata de ses parts. Dans une SCI à l'IS, elle est déductible du résultat comptable. Dans les deux cas, elle doit être soigneusement tracée dans votre comptabilité pour ne pas être oubliée lors de la déclaration.

Gérez vos biens locatifs sans paperasse

GestiPilot automatise quittances, révision IRL, documents légaux et alertes de conformité.

Essai gratuit 30 jours →

Gérez votre SCI ou vos biens locatifs sans tableur

Quittances automatiques, relances, déclaration 2044 pré-remplie — 30 jours gratuits, sans carte bancaire.

Essayer GestiPilot gratuitement →