« Combien faut-il gagner pour louer ce logement ? » Tous les bailleurs se posent la question, et beaucoup appliquent une règle toute faite. Or la loi ne fixe aucun ratio, et une règle mal appliquée peut devenir une discrimination. Voici comment apprécier la solvabilité d'un candidat de façon méthodique, équitable et défendable.

En deux lignes. Vous avez le droit d'apprécier la solvabilité d'un candidat, sur un examen concret de ses ressources, à partir des seules pièces autorisées. Aucun ratio n'est imposé : le « trois fois le loyer » est un repère de marché, à appliquer de la même façon à tous les candidats.

1. Ce que la loi permet, et ce qu'elle interdit

2. Une méthode en cinq points

1

Additionner les ressources régulières

Revenus nets mensuels moyens du candidat (salaires, pensions, prestations, revenus d'indépendant). Appuyez-vous sur les pièces autorisées : avis d'imposition, bulletins de salaire, bilans, justificatifs de prestations.

2

Calculer le taux d'effort

Loyer et charges divisés par les revenus nets mensuels. Plus il est faible, plus la marge est confortable.

3

Comparer au repère de marché

Le multiple de 3 fois le loyer est un repère courant (les assureurs de loyers impayés demandent souvent entre 2,85 et 3 fois). Ce n'est ni une obligation légale ni un plafond.

4

Regarder la stabilité

Nature du contrat, ancienneté, régularité des ressources. Une ressource stable et durable pèse plus qu'un revenu ponctuel, quelle que soit sa nature.

5

Compléter par une garantie si besoin

Garant, garantie Visale ou assurance loyers impayés : voir notre comparatif des garanties.

Un exemple chiffré (fictif)

Pour un appartement à 700 € de loyer et 50 € de charges, le loyer charges comprises est de 750 €. Un candidat qui justifie de 2 250 € nets par mois a un taux d'effort de 33 % (750 ÷ 2 250) et un revenu égal à 3 fois le loyer charges comprises. Un candidat à 1 800 € de revenus est à 42 % : il n'atteint pas le repère, mais peut le compléter avec un garant. Ces chiffres sont purement illustratifs.

3. Les situations qui demandent un peu de méthode

4. Appliquer la même grille à tous, et le prouver

Devant le juge civil, lorsqu'un candidat présente des éléments laissant supposer une discrimination, c'est au bailleur de prouver que son choix est justifié par des éléments objectifs. Le meilleur réflexe est donc d'appliquer la même grille à tous les candidats et d'en garder une trace écrite :

⚠️ Ne demandez rien d'autre que la liste autorisée, même pour « mieux évaluer » : relevés bancaires, carte Vitale, livret de famille ou casier judiciaire sont interdits. Et ne conservez pas les dossiers des candidats refusés plus longtemps que nécessaire : voir notre article RGPD.

Questions fréquentes

Existe-t-il un ratio légal entre revenus et loyer ?

Non. Aucun texte n'impose de ratio. Le multiple de 3 fois le loyer est un repère de marché, que reprennent notamment des assureurs de loyers impayés.

Puis-je refuser un candidat dont les revenus sont des allocations ?

Vous pouvez apprécier la solvabilité sur un examen concret des ressources, mais écarter certaines ressources du seul fait de leur nature, comme l'allocation aux adultes handicapés, a été jugé discriminatoire par le Défenseur des droits.

Quelles pièces puis-je demander pour juger de la solvabilité ?

Uniquement celles de la liste limitative du décret n° 2015-1437. Exiger une pièce hors liste expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour un particulier et 15 000 € pour une société.

Que faire si le candidat n'atteint pas le repère de 3 fois le loyer ?

Proposez-lui une garantie : un garant, la garantie Visale ou une assurance loyers impayés. En cas d'assurance loyers impayés, la caution est en principe exclue, sauf exceptions.

Un bon locataire, un bail bien suivi

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Sources

Informations vérifiées le 8 octobre 2026 sur les sources ci-dessus. Cet article a une valeur informative et ne remplace pas le conseil d'un professionnel.