Votre locataire propose sa chambre sur une plateforme de location touristique, ou loue une pièce à un étudiant pendant son absence : c'est une sous-location. Elle est interdite sans votre accord écrit, et la jurisprudence est sévère envers le locataire qui passe outre. Voici les règles, ce que vous pouvez exiger, et que faire si vous découvrez une sous-location cachée.

En bref

La règle : accord écrit du bailleur

« Le locataire ne peut ni céder le contrat de location, ni sous-louer le logement sauf avec l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix du loyer » (article 8 de la loi du 6 juillet 1989). Le prix du loyer au mètre carré de la partie sous-louée ne peut pas dépasser celui que paie le locataire principal. Le locataire transmet au sous-locataire votre autorisation écrite et une copie du bail en cours. Ces règles valent aussi pour la location meublée de résidence principale (article 25-3).

Vous êtes libre d'accepter ou de refuser, sauf cohabitation intergénérationnelle solidaire : un locataire de 60 ans ou plus peut sous-louer une partie de son logement à une personne de moins de 30 ans en informant simplement le bailleur. Si vous acceptez, faites-le par écrit en précisant le loyer autorisé.

La situation du sous-locataire

Le contrat de sous-location n'est pas soumis au reste de la loi de 1989 : il lie seulement le locataire et le sous-locataire. Et si le bail principal prend fin, le sous-locataire « ne peut se prévaloir d'aucun droit à l'encontre du bailleur ni d'aucun titre d'occupation » (article 8). Il doit partir avec le locataire principal.

Sous-location non autorisée : les conséquences

Location touristique par le locataire

Louer tout ou partie de son logement à des touristes, par une plateforme ou non, est une sous-location : le locataire doit obtenir votre accord écrit. Les règles des meublés de tourisme s'y ajoutent : déclaration préalable avec un numéro à afficher dans l'annonce, et 120 jours de location par année civile au plus pour une résidence principale, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou force majeure, que la commune peut abaisser à 90 jours par délibération motivée (article L. 324-1-1 du code du tourisme). La plateforme doit obtenir du loueur une déclaration sur l'honneur sur ces obligations et publier le numéro dans l'annonce (article L. 324-2-1) ; la loi ne l'oblige pas, en revanche, à vérifier l'accord du bailleur. → La réglementation des meublés de tourisme

Héberger un proche, céder le bail

Le locataire peut héberger gratuitement les personnes de son choix : ce n'est pas une sous-location. Une clause du bail ne peut pas le priver d'héberger ses proches (Cass. 3e civ., 6 mars 1996, n° 93-11.113). Dès qu'une contrepartie est payée, la situation se rapproche d'une sous-location. La cession du bail à un tiers est, comme la sous-location, interdite sans votre accord écrit.

Que faire si vous découvrez une sous-location ?

  1. Rassemblez des preuves : captures des annonces, calendrier de réservation, avis des voyageurs. Un constat de commissaire de justice fait foi jusqu'à preuve contraire, sauf en matière pénale.
  2. Mettez le locataire en demeure, par lettre recommandée, de cesser la sous-location.
  3. Si nécessaire, saisissez le juge pour obtenir la résiliation du bail, la restitution des sous-loyers et d'éventuels dommages et intérêts.

Questions fréquentes

Un locataire peut-il sous-louer sans l'accord du propriétaire ?

Non. La sous-location suppose l'accord écrit du bailleur, qui porte aussi sur le prix. Le loyer au mètre carré de la sous-location ne peut pas dépasser celui payé par le locataire principal.

Mon locataire loue son appartement sur une plateforme : que puis-je réclamer ?

Sans votre autorisation, les sommes perçues vous reviennent : la Cour de cassation juge que les sous-loyers sont des fruits civils appartenant au propriétaire, à restituer intégralement. Vous pouvez aussi demander au juge la résiliation du bail et, en cas de préjudice, des dommages et intérêts.

Puis-je prévoir une clause résolutoire en cas de sous-location ?

En principe non. La clause résolutoire ne peut viser que les impayés de loyer, de charges ou de dépôt de garantie, le défaut d'assurance, les troubles de voisinage constatés par une décision de justice et, dans certains secteurs où le plan local d'urbanisme impose l'usage de résidence principale, le non-respect de cette obligation. Hors ce cas, il faut demander la résiliation au juge.

Le locataire peut-il héberger un ami ou un membre de sa famille ?

Oui, gratuitement. L'hébergement d'un proche n'est pas une sous-location, et une clause du bail ne peut pas l'empêcher d'héberger ses proches.

Que devient le sous-locataire à la fin du bail ?

Il n'a aucun droit envers le bailleur ni aucun titre d'occupation : il doit quitter le logement en même temps que le locataire principal.

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Sources

Article à jour au 2 octobre 2026. Il a une valeur informative et ne remplace pas le conseil d'un professionnel du droit.