Le bail peut prendre fin avant son terme quand le locataire manque gravement à ses obligations. Deux voies existent : la clause résolutoire, qui joue pour certains manquements précis, et la résiliation judiciaire, où le juge apprécie lui-même la gravité. Voici comment elles se distinguent, quand demander la seconde et ce que peut décider le juge.

En deux lignes. La résiliation judiciaire se demande au juge des contentieux de la protection pour une inexécution suffisamment grave ; le juge apprécie souverainement les faits et peut accorder des délais ou seulement des dommages et intérêts.

1. Ce que dit le Code civil

Pour un bail d'habitation, l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 impose au locataire de payer le loyer, d'user paisiblement des locaux, de répondre des dégradations et de s'assurer : c'est sur ces obligations que se fondent les demandes de résiliation, par exemple pour des troubles de voisinage répétés (voir locataire bruyant).

2. Résiliation judiciaire ou clause résolutoire ?

3. Les manquements qui peuvent la justifier

Il faut un manquement suffisamment grave. Les troubles de voisinage répétés et les incivilités en sont l'exemple le plus fréquent dans la jurisprudence. Un manquement isolé et réparé a peu de chances d'y suffire.

⚠️ Constituez un dossier avant d'assigner : mises en demeure écrites restées sans effet, témoignages, constats d'un commissaire de justice, éventuelles plaintes. Le juge tranche sur les preuves, pas sur les impressions.

4. La procédure

1

Mettre en demeure

Par écrit, en rappelant l'obligation violée et en laissant un délai pour y remédier.

2

Assigner

Le litige relève du juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire ; l'assignation est délivrée par un commissaire de justice. Un avocat n'est pas obligatoire pour les litiges locatifs.

3

L'audience

Le juge examine les preuves, apprécie la gravité et décide.

4

La décision et son exécution

Si la résiliation est prononcée, l'expulsion suit les étapes habituelles, sous réserve de la trêve hivernale. Voir les étapes après le jugement.

5. Les pouvoirs du juge

Le juge n'est pas obligé de prononcer la résiliation : il peut ordonner l'exécution du contrat en accordant un délai, ou allouer seulement des dommages et intérêts (article 1228). Pour un impayé, il peut accorder des délais de paiement jusqu'à trois ans et suspendre les effets de la clause résolutoire. Les mêmes principes permettent au locataire de demander l'exécution, la résiliation ou des dommages et intérêts lorsque c'est le bailleur qui manque à ses obligations.

6. Les pièges

Questions fréquentes

Quelle différence entre résiliation judiciaire et clause résolutoire ?

La clause résolutoire joue de plein droit pour les manquements visés ; la résiliation judiciaire repose sur l'appréciation du juge, qui juge la gravité de l'inexécution.

Sur quel texte repose la résiliation judiciaire ?

Sur les articles 1224 et suivants du Code civil et sur les obligations du locataire de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989.

Que peut décider le juge ?

Constater ou prononcer la résolution, ordonner l'exécution avec un délai, ou allouer seulement des dommages et intérêts.

Quel juge saisir ?

Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire, par assignation d'un commissaire de justice.

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Sources

Informations vérifiées le 8 octobre 2026 sur les sources ci-dessus. Cet article a une valeur informative et ne remplace pas le conseil d'un professionnel.