Vous possédez une boutique ou un local en rez-de-chaussée et un commerçant veut s'y installer. Le bail commercial protège fortement le locataire : neuf ans de durée, droit au renouvellement, indemnité d'éviction. Pour un bailleur particulier, mieux vaut connaître ces règles avant de signer, d'autant que la loi du 26 mai 2026 en a modifié plusieurs. Voici l'essentiel, à jour au 3 octobre 2026.

En bref

Quand le statut s'applique-t-il ?

Le statut des baux commerciaux s'applique aux locaux dans lesquels un fonds est exploité par un commerçant ou un industriel immatriculé au registre du commerce et des sociétés, ou par un artisan immatriculé au registre national des entreprises (article L. 145-1 du code de commerce). Pour une profession libérale, c'est en principe un bail professionnel. → Le bail professionnel

Deux formules échappent au statut :

Durée et sortie du locataire

Le bail dure au moins neuf ans (article L. 145-4). Le locataire peut donner congé à l'expiration de chaque période triennale, au moins six mois à l'avance, par lettre recommandée avec avis de réception ou par acte de commissaire de justice. Le bail peut supprimer cette faculté pour les baux de plus de neuf ans, les locaux monovalents, les locaux à usage exclusif de bureaux et les locaux de stockage. Le bailleur, lui, ne peut donner congé en cours de bail qu'à l'expiration d'une période triennale, avec six mois de préavis, et seulement pour certains projets (construire, reconstruire ou surélever l'immeuble, opération de restauration immobilière, par exemple).

Fin du bail : renouvellement et indemnité d'éviction

Le bail ne prend fin que par un congé donné six mois à l'avance ou par une demande de renouvellement ; à défaut, il se prolonge tacitement (article L. 145-9). Le congé du bailleur doit être délivré par acte de commissaire de justice. À peine de nullité, il précise ses motifs et indique que le locataire qui veut le contester ou demander une indemnité d'éviction doit saisir le tribunal dans les deux ans suivant la date pour laquelle il est donné.

Le locataire a droit au renouvellement. Le bailleur peut le refuser, mais il doit alors verser une indemnité d'éviction égale au préjudice causé, qui comprend notamment la valeur marchande du fonds de commerce, les frais de déménagement et de réinstallation (article L. 145-14). Elle n'est pas due en cas de motif grave et légitime contre le locataire ; s'il s'agit d'un manquement à ses obligations, il doit avoir persisté plus d'un mois après une mise en demeure délivrée par commissaire de justice (article L. 145-17).

Le loyer

Le plafonnement exceptionnel de l'ILC à 3,5 % pour les PME, créé en 2022, ne concernait que les indices du deuxième trimestre 2022 au premier trimestre 2024.

Charges et travaux

Le bail doit comporter un inventaire précis et limitatif des charges, impôts, taxes et redevances, avec leur répartition entre bailleur et locataire. Le bailleur adresse chaque année un récapitulatif des charges et, tous les trois ans, un état prévisionnel et un état récapitulatif des travaux (article L. 145-40-2). Certaines charges ne peuvent jamais être imputées au locataire (article R. 145-35) :

Dépôt de garantie, état des lieux, vente du local

Le diagnostic de performance énergétique est annexé au bail, ainsi que l'état des risques si le local est en zone concernée ; le dossier technique amiante est tenu à la disposition du locataire.

La fiscalité du bailleur

Questions fréquentes

Quelle est la durée d'un bail commercial ?

Neuf ans au moins. Le locataire peut en principe partir à chaque échéance triennale avec six mois de préavis ; le bailleur ne le peut pas, sauf exceptions.

Le bailleur peut-il refuser de renouveler un bail commercial ?

Oui, mais il doit en principe verser une indemnité d'éviction égale au préjudice du locataire, sauf motif grave et légitime.

Comment réviser le loyer d'un bail commercial ?

Par une révision triennale plafonnée par la variation de l'ILC ou de l'ILAT, ou par une clause d'indexation annuelle prévue au bail. Dans une clause qui ne joue qu'à la hausse, la stipulation qui exclut la baisse est réputée non écrite.

Peut-on refacturer la taxe foncière au locataire commercial ?

Oui, si l'inventaire des charges du bail le prévoit. En revanche, les grosses réparations et les honoraires de gestion des loyers restent à la charge du bailleur.

Quel dépôt de garantie pour un bail commercial ?

Pour un bail de commerce ou de services commerciaux ou artisanaux conclu ou renouvelé depuis le 28 mai 2026, il ne peut dépasser un trimestre de loyer. Il est restitué au plus tard trois mois après la remise des clés.

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Sources

Article à jour au 3 octobre 2026. Il a une valeur informative et ne remplace pas le conseil d'un professionnel du droit.