Si vous louez un logement vide, vos loyers sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, selon l'un de deux régimes : le micro-foncier, avec un abattement forfaitaire de 30 %, ou le régime réel, qui déduit vos charges réelles. Le choix peut faire varier votre impôt de plusieurs centaines d'euros par an. Voici les règles exactes et la façon de trancher, chiffres à l'appui.

Le micro-foncier : qui peut en bénéficier ?

Le micro-foncier s'applique automatiquement si les revenus fonciers bruts de votre foyer ne dépassent pas 15 000 € sur l'année (article 32 du Code général des impôts). Quelques précisions :

Les cas d'exclusion

Même sous 15 000 €, le micro-foncier est exclu si vous détenez :

À l'inverse, les réductions d'impôt Pinel, Denormandie, Duflot, Scellier et Malraux n'empêchent pas le micro-foncier. Et si vous détenez des parts de SCI et au moins un logement loué nu en direct, le micro-foncier reste possible. Un indivisaire ou un usufruitier peut aussi en bénéficier pour sa part.

Comment déclarer

Vous inscrivez le montant brut de vos loyers en case 4BE de la déclaration de revenus, avec l'adresse des logements. L'administration applique l'abattement de 30 %, qui est censé couvrir toutes vos charges, intérêts d'emprunt compris : aucune autre déduction n'est possible. Impôt sur le revenu et prélèvements sociaux (17,2 %) sont calculés sur les 70 % restants.

Le régime réel : déduire ses charges réelles

Au régime réel, vous remplissez la déclaration 2044 et déduisez vos charges effectivement payées dans l'année : intérêts d'emprunt, travaux d'entretien et d'amélioration, taxe foncière (hors taxe d'enlèvement des ordures ménagères), assurance, charges de copropriété non récupérables, frais de gestion et forfait de 20 € par logement. → la liste complète des charges déductibles

Surtout, seul le régime réel permet de constater un déficit foncier, imputable sur votre revenu global jusqu'à 10 700 € par an (21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique). → simuler votre déficit foncier

Exemple chiffré

Julie loue un appartement 1 000 € par mois hors charges. Sur l'année, elle paie :

ChargeMontant
Intérêts et assurance de l'emprunt2 400 €
Taxe foncière (hors ordures ménagères)1 100 €
Charges de copropriété non récupérables520 €
Petits travaux (peinture, robinetterie)600 €
Assurance propriétaire non occupant180 €
Forfait de gestion20 €
Total4 820 € (40 % des loyers)
Micro-foncierRégime réel
Loyers encaissés12 000 €12 000 €
Déduction3 600 € (30 %)4 820 € (réelle)
Revenu foncier imposable8 400 €7 180 €

Le régime réel réduit son revenu imposable de 1 220 €. Avec une tranche marginale de 30 % et 17,2 % de prélèvements sociaux, cela représente environ 576 € d'impôt en moins par an, en échange d'une déclaration 2044 à remplir et de justificatifs à conserver.

Le repère des 30 %

La comparaison se résume à une question : vos charges réelles dépassent-elles 30 % de vos loyers ? Si oui, le régime réel est plus avantageux ; sinon, le micro-foncier l'est, avec moins de formalités.

Loyers brutsAbattement micro (30 %)Charges réellesRégime le plus avantageux
10 000 €3 000 €1 800 € (18 %)Micro-foncier
10 000 €3 000 €4 200 € (42 %)Régime réel
14 000 €4 200 €6 000 € (43 %)Régime réel
8 000 €2 400 €2 000 € (25 %)Micro-foncier

💡 Une année de gros travaux (toiture, ravalement, rénovation énergétique) fait presque toujours pencher la balance vers le régime réel, même si le micro-foncier vous convenait jusque-là. Pensez aussi aux années suivantes : l'option engage pour trois ans.

L'option pour le régime réel

Si vous relevez du micro-foncier, vous pouvez choisir le régime réel en déposant simplement une déclaration 2044 avec votre déclaration de revenus. L'option vaut pour tous vos logements loués nus.

Quand le régime réel est obligatoire

Checklist pour choisir

  1. Additionnez les loyers bruts de l'année de tout votre foyer : au-delà de 15 000 €, le régime réel s'impose.
  2. Vérifiez que vous ne relevez d'aucun cas d'exclusion.
  3. Totalisez vos charges déductibles réelles de l'année, intérêts d'emprunt compris.
  4. Comparez-les à 30 % de vos loyers.
  5. Anticipez les trois prochaines années : travaux prévus, fin d'emprunt, hausse de loyer.

Questions fréquentes

Peut-on déduire ses intérêts d'emprunt au micro-foncier ?

Non. L'abattement de 30 % est réputé couvrir toutes les charges, y compris les intérêts d'emprunt. Pour les déduire, il faut opter pour le régime réel.

Le seuil de 15 000 € s'apprécie-t-il par logement ?

Non, par foyer fiscal : on additionne les loyers bruts de tous les logements loués nus et la quote-part des loyers bruts des SCI dont vous êtes associé.

Peut-on revenir au micro-foncier après avoir opté pour le réel ?

Oui, après trois ans. Il suffit de ne plus déposer de déclaration 2044 et de déclarer vos loyers en case 4BE. Les déficits antérieurs encore reportables continuent de s'imputer.

Un investissement Pinel empêche-t-il le micro-foncier ?

Non. Les réductions d'impôt Pinel, Denormandie, Duflot, Scellier et Malraux sont compatibles avec le micro-foncier. Ce sont les dispositifs qui passent par une déduction ou un amortissement spécifique (Robien, Borloo, Cosse…) qui l'excluent.

Sources

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