Un congé pour vendre, pour reprendre ou pour motif légitime et sérieux met fin au bail, mais il n'est valable que s'il respecte des conditions strictes de forme, de délai et de fond. Le locataire peut le contester ; le bailleur a intérêt à le sécuriser. Voici les motifs de contestation, la procédure et les sanctions.

En bref

Un congé valable : les conditions

Les motifs de contestation

DéfautConséquence
Forme irrégulière ou délai non respectéLe juge déclare en général le congé nul
Mention obligatoire manquante (motif, bénéficiaire, prix de vente)Nullité possible, appréciée au cas par cas
Motif non réel ou non sérieuxLe bailleur doit prouver le bien-fondé du congé
Protection du locataire âgé et à faibles ressources non respectéeCongé pour reprise ou vente inopérant sans offre de relogement adaptée
Congé pour reprise par une SCI non familialeReprise impossible en location vide

Si le congé est annulé alors que le locataire est toujours dans les lieux, le bail est reconduit. Voir congé pour reprise et congé pour vendre.

Le congé frauduleux

Un congé est frauduleux quand le motif invoqué n'est pas réel : par exemple un logement « repris » mais reloué à un loyer plus élevé, ou « vendu » mais jamais mis en vente. La preuve de la fraude incombe au locataire, par tous moyens (annonce de relocation, bail conclu avec un tiers, absence de mise en vente). La sanction est une amende pénale, jusqu'à 6 000 € pour une personne physique et 30 000 € pour une personne morale, proportionnée à la gravité des faits, et le locataire évincé peut demander des dommages-intérêts. Une contestation après le départ reste possible pour réparer le préjudice : agissez sans tarder, car les sources consultées ne fixent pas de délai précis.

La procédure

  1. Écrire au bailleur par lettre recommandée, en listant les irrégularités constatées (forme, délai, mentions, motif).
  2. Saisir la commission départementale de conciliation, gratuite, ou un conciliateur de justice. Une tentative de conciliation est obligatoire avant le juge pour les litiges de faible montant.
  3. Saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal du lieu du logement, par assignation d'un commissaire de justice ou par déclaration au greffe. L'avocat n'est pas obligatoire à l'audience.
  4. Rester dans les lieux tant qu'aucune décision n'a mis fin au bail : quitter le logement avant le terme met fin au bail.

À savoir : avant d'agir, rapprochez-vous de l'ADIL de votre département. Le délai pour contester, le montant en jeu et l'état de la procédure peuvent changer la démarche.

Côté bailleur : sécuriser son congé

Questions fréquentes

Comment contester un congé pour vente ou pour reprise ?

Par lettre recommandée au bailleur listant les irrégularités, puis par la commission départementale de conciliation et, à défaut, devant le juge des contentieux de la protection du tribunal du lieu du logement.

Que risque un bailleur qui donne un congé frauduleux ?

Une amende pénale pouvant atteindre 6 000 € pour une personne physique et 30 000 € pour une personne morale, et des dommages-intérêts au profit du locataire.

Qui doit prouver la fraude ?

Le locataire, par tous moyens. En cas de contestation du motif légitime et sérieux, c'est en revanche au bailleur de prouver le bien-fondé du congé.

Que se passe-t-il si le juge annule le congé ?

Si le locataire est toujours dans les lieux, le bail est reconduit. Le juge peut aussi accorder des dommages-intérêts en cas de préjudice.

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Sources

Ce modèle a une valeur informative : adaptez-le à votre situation, vérifiez les textes en vigueur et, en cas de doute, rapprochez-vous de l'ADIL de votre département.