Vous avez délivré un congé en bonne et due forme, le préavis est terminé, mais le locataire est toujours là. Il n'a plus de bail, mais vous ne pouvez pas pour autant changer les serrures : seul un juge peut ordonner son départ. En attendant, il vous doit une indemnité d'occupation. Voici la marche à suivre, à jour au 4 octobre 2026.

En bref

Un occupant sans droit ni titre

« À l'expiration du délai de préavis, le locataire est déchu de tout titre d'occupation des locaux loués » (article 15 I de la loi du 6 juillet 1989). Celui qui a reçu un congé ne peut pas invoquer une reconduction tacite en restant dans les lieux (article 1739 du Code civil). Mais le congé doit être valable : en cas de contestation, le juge peut, même d'office, vérifier la réalité de son motif, et un congé pour vendre ou pour reprise frauduleux expose le bailleur à une amende pénale jusqu'à 6 000 € (30 000 € pour une personne morale, comme une SCI). Surtout, un congé valable ne suffit pas pour expulser : il faut une décision de justice ou un procès-verbal de conciliation exécutoire (article L. 411-1 du code des procédures civiles d'exécution). → Le congé pour reprise · → Le congé pour vendre

L'indemnité d'occupation

L'occupant doit une indemnité d'occupation à la place du loyer. Selon la Cour de cassation, elle a un caractère mixte, compensatoire et indemnitaire, et répare l'intégralité du préjudice du propriétaire (Cass. 3e civ., 27 avril 1982, n° 80-15.139) : des dommages et intérêts en plus ne sont possibles que pour un préjudice distinct, par exemple une vente manquée à cause du maintien dans les lieux. Le juge en fixe librement le montant, le plus souvent au niveau du dernier loyer et des charges, jusqu'à la libération effective des lieux.

Encaisser sans renoncer au congé

La renonciation à un congé ne se présume pas : elle suppose des actes sans équivoque. Mais pour ne laisser aucune prise à l'argument d'un nouveau bail, délivrez des reçus libellés « indemnité d'occupation », et non des quittances de loyer, et mentionnez par écrit que vous encaissez « sans renonciation au congé du … ».

La procédure d'expulsion

  1. Saisir le juge des contentieux de la protection pour faire valider le congé, constater que l'occupant est sans titre, ordonner l'expulsion et fixer l'indemnité d'occupation. Le référé est possible en l'absence de contestation sérieuse ; si le congé est sérieusement contesté, il faudra agir au fond. Contrairement à la résiliation pour impayés, aucune notification préalable au préfet n'est imposée avant l'audience.
  2. Faire signifier le commandement de quitter les lieux par un commissaire de justice, qui en informe le préfet. L'occupant dispose de deux mois, sauf réduction ou suppression par le juge, notamment en cas de mauvaise foi.
  3. Compter avec les délais : le juge peut accorder des délais de grâce d'un mois à un an, et aucune expulsion n'a lieu pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, sauf relogement. → La trêve hivernale
  4. Faire requérir le concours de la force publique par le commissaire de justice auprès du préfet ; son refus, ou son silence pendant deux mois, ouvre droit à une indemnisation par l'État. → Les étapes de l'expulsion

Ce qui est puni, de part et d'autre

Locataire âgé, meublé, bail étudiant ou mobilité

Ne confondez pas avec le squat : une personne entrée dans les lieux par effraction relève d'une procédure d'évacuation par le préfet. → Logement squatté

Questions fréquentes

Que faire si le locataire ne part pas après le congé ?

Saisir le juge des contentieux de la protection pour faire constater qu'il est sans titre, ordonner son expulsion et fixer une indemnité d'occupation, puis faire signifier un commandement de quitter les lieux.

Le bailleur peut-il changer les serrures ?

Non. Expulser soi-même un occupant est puni de trois ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende.

Quel est le montant de l'indemnité d'occupation ?

Il est fixé par le juge, le plus souvent au niveau du dernier loyer et des charges, jusqu'au départ effectif.

Encaisser l'argent du locataire fait-il renaître le bail ?

En principe non, la renonciation au congé ne se présume pas. Par prudence, délivrez des reçus d'« indemnité d'occupation » et non des quittances de loyer.

L'occupant risque-t-il une sanction pénale ?

Oui, une amende de 7 500 € s'il se maintient plus de deux mois après le commandement de quitter les lieux qui fait suite à un jugement définitif, hors trêve hivernale et demande de délais en cours.

Des échéances de congé qu'on ne laisse pas passer

GestiPilot vous alerte avant la date limite pour donner congé, selon que le bail est vide ou meublé, et garde la trace des paiements reçus jusqu'au départ effectif de l'occupant.

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Sources

Article à jour au 4 octobre 2026. Il a une valeur informative et ne remplace pas le conseil d'un professionnel du droit.