Depuis la fin des dispositifs Robien et Borloo, seuls les loueurs en meublé pouvaient encore amortir leur logement. Depuis la loi de finances pour 2026, un bailleur en location nue peut aussi déduire chaque année une fraction du prix d'un logement acheté neuf, ou ancien avec de gros travaux, à condition de le louer neuf ans à loyer plafonné. Le dispositif, présenté comme le « statut du bailleur privé » ou « Relance logement », est récent : la doctrine fiscale n'est pas encore publiée. Voici ce que dit la loi, à jour au 3 octobre 2026.

En bref

Les logements concernés

La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (article 47) a ajouté deux cas de déduction à l'article 31 du code général des impôts :

Dans les deux cas, le logement doit se situer dans un bâtiment d'habitation collectif : les maisons individuelles sont exclues. L'achat, ou pour une construction le dépôt du permis de construire, doit intervenir entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Le texte ne fixe aucune condition de zone géographique, mais les plafonds de loyer applicables dépendent de la localisation du logement. Une SCI non soumise à l'impôt sur les sociétés peut en bénéficier, si chaque associé s'engage à conserver la totalité de ses parts pendant toute la durée de location.

Le montant de l'amortissement

L'amortissement porte sur le prix d'acquisition, augmenté des travaux pour l'ancien, diminué de la part du terrain, fixée forfaitairement à 20 % : seuls 80 % du prix, hors frais d'acquisition, sont amortissables. L'amortissement court à partir du premier jour du mois d'achèvement, ou d'acquisition si elle est postérieure. Le taux annuel dépend du niveau de loyer :

Loyer intermédiaireLoyer socialLoyer très social
Logement neuf3,5 %4,5 %5,5 %
Logement ancien avec travaux3 %3,5 %4 %

La déduction totale est plafonnée à 8 000 € par an et par foyer fiscal, neuf et ancien confondus. Ce plafond passe à 10 000 € ou 12 000 € lorsque la moitié au moins des loyers concernés provient d'une location sociale ou très sociale.

Exemple : un appartement neuf acheté 250 000 € et loué à un loyer intermédiaire. Base amortissable : 250 000 × 80 % = 200 000 € ; amortissement annuel : 200 000 × 3,5 % = 7 000 €, sous le plafond de 8 000 €.

L'engagement de location

Si un engagement n'est pas respecté, les amortissements déduits sont réintégrés dans vos revenus fonciers l'année de la rupture, sauf invalidité de 2e ou 3e catégorie, licenciement ou décès du contribuable ou de son conjoint. → Loc'Avantages et ses plafonds

Régime réel, option et déficit

La déduction suppose une option irrévocable, exercée sur la déclaration de revenus de l'année d'achèvement du logement ou des travaux, ou de l'acquisition si elle est postérieure. Le micro-foncier est exclu : vos revenus fonciers sont déclarés au régime réel, sur la 2044. La loi ne prévoit pas de règle particulière de déficit : la part imputable sur le revenu global reste en principe limitée à 10 700 € par an, hors intérêts d'emprunt. La ligne de la 2044 où porter l'amortissement n'est pas encore connue : les premières options figureront au plus tôt sur la déclaration de 2027. → Micro-foncier ou régime réel ? · → Le déficit foncier

À la revente

Comme pour la location meublée, le prix d'acquisition retenu pour calculer la plus-value est diminué des amortissements déduits (article 150 VB du code général des impôts). Un logement amorti pendant neuf ans dégage donc une plus-value imposable plus élevée, avant abattements pour durée de détention. → Vendre un logement loué : la plus-value

Cumul avec d'autres dispositifs

Pour un même logement, l'amortissement de l'ancien ne se cumule pas avec le Pinel, le Denormandie, le Malraux ni les réductions d'impôt outre-mer, et il ne s'applique pas aux monuments historiques ; celui du neuf exclut la réduction d'impôt pour le logement social outre-mer. Loc'Avantages exclut lui aussi, pour un même logement, les déductions spécifiques de l'article 31 du code général des impôts. Une proposition de loi adoptée par l'Assemblée nationale en mai 2026 prévoit d'ouvrir le volet ancien aux maisons et de modifier la condition de travaux, en la liant à un gain de classe énergétique ; transmise au Sénat le 29 mai 2026, elle n'est pas en vigueur à la date de publication.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le statut du bailleur privé ?

Un amortissement déductible des revenus fonciers, créé par la loi de finances pour 2026, pour les logements collectifs achetés neufs ou anciens avec travaux entre le 21 février 2026 et fin 2028, et loués nus neuf ans à loyer plafonné.

Quel est le taux d'amortissement ?

3,5 %, 4,5 % ou 5,5 % par an dans le neuf, et 3 %, 3,5 % ou 4 % dans l'ancien, selon que le loyer est intermédiaire, social ou très social, appliqués à 80 % du prix.

Quel est le plafond annuel ?

8 000 € par foyer fiscal, porté à 10 000 € ou 12 000 € si la moitié au moins des loyers concernés provient d'une location sociale ou très sociale.

Peut-on rester au micro-foncier ?

Non. Le dispositif impose le régime réel.

Une maison est-elle éligible ?

Non à la date de publication : le logement doit se trouver dans un bâtiment d'habitation collectif. Une proposition de loi prévoit d'ouvrir le volet ancien aux maisons, mais elle n'est pas adoptée définitivement.

Le régime réel, bien tenu

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Sources

Article à jour au 3 octobre 2026. Dispositif récent dont la doctrine administrative n'est pas encore publiée : faites valider votre situation par un conseiller fiscal.