Vous vivez à l'étranger et louez un logement en France ? Les loyers restent imposables en France, avec des règles propres aux non-résidents : taux minimum d'imposition, prélèvements sociaux réduits pour certains, service des impôts dédié. Voici comment déclarer et ce que vous paierez, à jour au 4 octobre 2026.
En bref
- Imposition en France : les revenus d'un immeuble situé en France y sont imposables, conventions fiscales comprises.
- Taux minimum : 20 % jusqu'à 29 579 € de revenu net imposable, 30 % au-delà (revenus 2025), sauf option pour le taux moyen si elle est plus favorable.
- Prélèvements sociaux : 7,5 % seulement si vous êtes affilié à la sécurité sociale d'un pays de l'Espace économique européen ou de la Suisse ; 17,2 % sinon pour la location nue.
- Déclaration : auprès du service des impôts des particuliers non-résidents, avec les mêmes formulaires qu'un résident.
Êtes-vous non-résident ?
Vous êtes résident fiscal français si vous remplissez un seul de ces critères : avoir en France votre foyer ou votre lieu de séjour principal, y exercer une activité professionnelle, salariée ou non, sauf si elle n'y est exercée qu'à titre accessoire, ou y avoir le centre de vos intérêts économiques (article 4 B du code général des impôts). Si vous n'en remplissez aucun, vous êtes non-résident. Une convention fiscale entre la France et votre pays de résidence peut trancher les cas de double résidence ; en règle générale, elle laisse à la France le droit d'imposer les revenus des immeubles situés sur son territoire. La double imposition est ensuite éliminée dans votre pays de résidence, selon la convention.
Déclarer vos loyers
- Formulaires : déclaration n° 2042, avec la 2044 au régime réel ; en micro-foncier, case 4BE de la 2042 si vos loyers bruts ne dépassent pas 15 000 € par an (abattement de 30 %). La 2042-NR ne sert que l'année du départ ou du retour.
- Service compétent : le service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR), à Noisy-le-Grand, pour l'impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux et l'IFI. La taxe foncière relève du service du lieu du bien.
- Calendrier : en 2026, la déclaration en ligne des non-résidents devait être faite avant le 21 mai. La prochaine campagne aura lieu au printemps 2027.
- Prélèvement à la source : comme pour un résident, vos revenus fonciers donnent lieu à des acomptes mensuels ou trimestriels.
Le déficit foncier est imputable dans les mêmes conditions qu'un résident, dans la limite de 10 700 € par an, mais seulement sur vos autres revenus de source française. → Micro-foncier ou réel · → Le déficit foncier
Le calcul de l'impôt
L'impôt est calculé selon le barème, mais il ne peut être inférieur à 20 % du revenu net imposable jusqu'à la limite supérieure de la deuxième tranche, soit 29 579 € pour les revenus de 2025, et à 30 % au-delà (article 197 A). Si le barème aboutit à un taux plus élevé, c'est lui qui s'applique.
- Option pour le taux moyen : en déclarant l'ensemble de vos revenus mondiaux, vous pouvez demander l'application du taux moyen d'imposition qui résulterait du barème français sur ces revenus. Il ne s'applique que s'il est plus favorable ; l'administration conseille de l'exercer systématiquement.
- Non-résident « Schumacker » : si vous résidez dans un autre État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen et que vous tirez au moins 75 % de vos revenus mondiaux imposables de France, sans pouvoir faire valoir votre situation personnelle et familiale dans votre pays de résidence, vous êtes imposé comme un résident : sans taux minimum, avec vos charges et réductions d'impôt.
- Sinon : les charges déductibles du revenu global et la plupart des réductions et crédits d'impôt ne s'appliquent pas aux non-résidents.
Les prélèvements sociaux
Vos revenus fonciers français restent soumis aux prélèvements sociaux. Le taux dépend de votre affiliation :
- Affilié à un régime obligatoire de sécurité sociale d'un État de l'Espace économique européen ou de la Suisse : exonération de CSG et de CRDS, seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % est dû. L'administration a indiqué que les résidents britanniques continuent d'en bénéficier.
- Autres non-résidents : 17,2 % sur les revenus fonciers. La hausse de la CSG décidée pour 2026 ne concerne pas les revenus fonciers, mais elle porte le taux à 18,6 % sur les revenus de location meublée non professionnelle.
Location meublée
Les loyers d'un meublé sont des bénéfices industriels et commerciaux, déclarés sur la 2042-C-PRO. En micro-BIC, pour une location meublée classique, l'abattement est de 50 % jusqu'à 77 700 € de recettes pour les revenus de 2025 (83 600 € à partir des revenus de 2026) ; au régime réel, la liasse 2031 est déposée au service des impôts des entreprises du lieu du bien. À partir des revenus de 2026, pour apprécier le statut de loueur professionnel, vos recettes seront comparées à vos revenus d'activité imposables en France et à ceux de même nature perçus dans votre pays de résidence, et non plus aux seuls revenus français. → LMNP ou LMP · → La fiscalité LMNP
IFI, impôts locaux et plus-value
- IFI : vous êtes imposable sur votre seul patrimoine immobilier situé en France, s'il dépasse 1,3 million d'euros net au 1er janvier.
- Taxe foncière : due par le propriétaire au 1er janvier, comme pour un résident. → La taxe foncière
- Taxe d'habitation : aucune si le logement est la résidence principale de votre locataire ; due par vous sur un logement dont vous gardez la disposition.
- Plus-value : 19 % d'impôt, prélevé par le notaire, et prélèvements sociaux de 17,2 % ou 7,5 % selon votre affiliation, après les abattements pour durée de détention. L'exonération propre aux expatriés, réservée aux ressortissants de l'Union européenne ou de l'EEE qui ont été domiciliés fiscalement en France de manière continue pendant au moins deux ans, porte sur une seule résidence et sur 150 000 € de plus-value nette au plus. Elle ne joue que pour l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent dus. La vente doit intervenir au plus tard le 31 décembre de la dixième année suivant votre départ ; au-delà, il faut avoir la libre disposition du logement depuis le 1er janvier de l'année précédant la vente, ce qu'un logement loué ne permet pas. Hors Union européenne et EEE, un représentant fiscal accrédité peut être exigé lors de la vente. → La plus-value d'un logement locatif
Gérer à distance
Les règles du bail ne changent pas parce que vous vivez à l'étranger : dépôt de garantie, révision, charges et congé suivent la loi du 6 juillet 1989. Communiquez à votre locataire une adresse de notification fiable, ou confiez la gestion à un mandataire professionnel ; la déclaration de revenus reste toutefois votre responsabilité. Un compte bancaire français facilite le paiement des acomptes et de l'impôt. → Gestion en ligne ou agence
Questions fréquentes
Un non-résident paie-t-il des impôts sur ses loyers en France ?
Oui. Les revenus d'un logement situé en France y sont imposables, avec un taux minimum de 20 % jusqu'à 29 579 € et de 30 % au-delà, sauf option pour le taux moyen.
Quel taux de prélèvements sociaux pour un non-résident ?
7,5 % s'il est affilié à la sécurité sociale d'un pays de l'Espace économique européen ou de la Suisse ; 17,2 % sinon sur les revenus fonciers.
Où déclarer ses revenus fonciers quand on vit à l'étranger ?
En ligne, auprès du service des impôts des particuliers non-résidents, avec la déclaration 2042 et, au régime réel, la 2044.
Le micro-foncier est-il ouvert aux non-résidents ?
Oui, si les loyers bruts ne dépassent pas 15 000 € par an.
Faut-il un représentant fiscal pour louer en France ?
Non pour la déclaration des loyers. Un représentant fiscal accrédité peut en revanche être exigé lors de la vente, pour un vendeur établi hors de l'Union européenne et de l'EEE, sauf notamment si le prix ne dépasse pas 150 000 € ou si la plus-value est totalement exonérée pour durée de détention.
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- Code général des impôts : article 4 B, article 197 A, article 164 A, article 150 U
- impots.gouv : modalités de calcul pour les non-résidents, location nue, prélèvements sociaux, service compétent, plus-value des non-résidents
- BOFiP : BOI-IR-DOMIC-40 (non-résidents « Schumacker ») ; Service-public, prélèvements sociaux
Article à jour au 4 octobre 2026. Il a une valeur informative et ne remplace pas le conseil d'un professionnel de la fiscalité ; vérifiez aussi la convention fiscale applicable à votre pays de résidence.