À quelle date le loyer doit-il être payé ? Pouvez-vous exiger un virement ou un prélèvement, refuser des espèces, facturer des frais de retard ? La loi du 6 juillet 1989 laisse une grande place au bail, mais elle interdit plusieurs pratiques courantes. Voici les règles, à jour au 4 octobre 2026.
En bref
- Date : celle fixée par le bail ; aucun texte ne prévoit de délai de grâce. Le paiement mensuel est de droit si le locataire le demande.
- Modes : le bailleur ne peut imposer ni le prélèvement automatique, ni une retenue sur salaire.
- Retard : pénalités et frais de relance interdits ; seuls les intérêts au taux légal courent après une mise en demeure.
- Quittance : gratuite sur demande, et reçu obligatoire en cas de paiement partiel.
La date de paiement
Le locataire doit payer le loyer et les charges « aux termes convenus », c'est-à-dire à la date prévue par le bail ; « le paiement mensuel est de droit lorsque le locataire en fait la demande » (article 7 a de la loi du 6 juillet 1989). La loi n'impose aucune date : le contrat type exige seulement que le bail précise la périodicité, le paiement à échoir (en début de période) ou à terme échu (en fin de période), la date ou la période de paiement et le lieu de paiement.
Contrairement à une idée répandue, aucun texte n'accorde au locataire « cinq jours de grâce » : le loyer est exigible à la date convenue. Le seul délai légal intervient plus tard, après un commandement de payer.
Payer d'avance
Aucun texte n'interdit de prévoir un paiement trimestriel d'avance, mais le locataire peut toujours demander à payer mensuellement. Et si le loyer est payable d'avance pour plus de deux mois, le bail ne peut pas prévoir de dépôt de garantie (article 22) ; si le locataire demande à payer mensuellement, le bailleur peut alors exiger un dépôt de garantie. → Le dépôt de garantie
Les modes de paiement
Sont réputées non écrites les clauses qui imposent comme mode de paiement le prélèvement automatique, ou qui autorisent le bailleur à prélever le loyer directement sur le salaire du locataire (article 4 c et d). Concrètement :
- Virement, chèque ou prélèvement : vous pouvez les proposer ; le prélèvement suppose un mandat signé par le locataire, qui garde la possibilité de le révoquer. → Le prélèvement SEPA
- Chèque : son encaissement ne garantit pas la provision ; un rejet n'apparaît qu'après quelques jours.
- Espèces : service-public indique qu'elles ne sont possibles que pour un montant inférieur à 1 000 €. Entre particuliers n'agissant pas à titre professionnel, la loi ne plafonne pas les paiements en espèces, mais la prudence commande de rester sous ce seuil, et toujours de remettre un reçu ; au-delà de 1 500 €, la preuve du paiement exige un écrit. Une SCI bailleresse est, elle, soumise au plafond de 1 000 €.
Quittance et reçu
Le bailleur doit remettre gratuitement une quittance au locataire qui la demande, en distinguant le loyer et les charges ; elle peut être envoyée par voie électronique avec l'accord exprès du locataire. En cas de paiement partiel, il délivre un reçu (article 21). Les frais d'envoi de la quittance ne peuvent pas être facturés (article 4 p). → La quittance de loyer
Les paiements partiels
Le créancier peut en principe refuser un paiement partiel ; en pratique, l'accepter avec un reçu évite d'aggraver la dette. À défaut d'indication du locataire, le paiement s'impute d'abord sur les dettes échues, puis sur celle qu'il avait le plus intérêt à acquitter et, à intérêt égal, sur la plus ancienne (article 1342-10 du Code civil). Tenez un décompte précis, échéance par échéance : il servira en cas de procédure. → La prescription des loyers
En cas de retard
- Pas de pénalités : les clauses prévoyant des amendes, des pénalités ou des frais de relance sont réputées non écrites (article 4 i et p).
- Intérêts au taux légal : une mise en demeure fait courir l'intérêt au taux légal sur les sommes dues (article 1344-1 du Code civil). Au second semestre 2026, ce taux est de 6,84 % lorsque le bailleur est une personne physique n'agissant pas pour des besoins professionnels, et de 2,75 % dans les autres cas (une SCI, par exemple). → La mise en demeure
- Commandement de payer : si le bail contient une clause résolutoire, obligatoire dans les baux conclus depuis le 29 juillet 2023, le commandement signifié par un commissaire de justice ouvre un délai de six semaines au terme duquel elle peut jouer. Pour les baux en cours au 29 juillet 2023, la Cour de cassation a estimé (avis du 13 juin 2024) que le délai de deux mois stipulé par la clause reste applicable. Le juge peut accorder des délais de paiement. → La clause résolutoire · → Loyer impayé : la procédure
- Prescription : vous disposez de trois ans pour réclamer des loyers impayés (article 7-1).
Côté impôts, vous déclarez les loyers encaissés dans l'année, quelle que soit la période à laquelle ils se rapportent : un arriéré payé l'année suivante est imposé cette année-là.
Questions fréquentes
Le locataire a-t-il un délai de grâce pour payer son loyer ?
Non. Aucun texte ne prévoit de délai de grâce : le loyer est dû à la date fixée par le bail.
Le bailleur peut-il imposer le prélèvement automatique ?
Non. Une clause imposant le prélèvement automatique est réputée non écrite ; le prélèvement suppose l'accord du locataire.
Peut-on facturer des frais de retard au locataire ?
Non. Pénalités, amendes et frais de relance sont interdits. Seuls les intérêts au taux légal peuvent courir après une mise en demeure.
Le loyer peut-il être payé en espèces ?
Oui, si le bailleur l'accepte, de préférence pour moins de 1 000 € et toujours contre un reçu.
Le locataire peut-il exiger de payer chaque mois ?
Oui. Le paiement mensuel est de droit lorsque le locataire le demande.
Chaque échéance suivie, chaque paiement tracé
GestiPilot crée les échéances de chaque bail, enregistre les paiements complets ou partiels, repère les retards et produit les quittances : votre décompte est prêt si un impayé survient.
Essayer GestiPilot gratuitement →Sources
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, articles 4, 7, 7-1, 21, 22 et 24 ; article 22 ; code monétaire et financier, articles L. 112-6 et D. 112-3 ; Code civil, articles 1342-4, 1342-10, 1344-1 et 1359 ; arrêté du 26 juin 2026 relatif au taux de l'intérêt légal ; Cass. 3e civ., avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002
- Service-public : paiement du loyer, paiement en espèces, loyers impayés et clause résolutoire
- ANIL, contrats types de location ; BOFiP, revenus fonciers imposables
Article à jour au 4 octobre 2026. Il a une valeur informative et ne remplace pas le conseil d'un professionnel du droit.