Pénalités de retard, assureur imposé, interdiction d'héberger un proche, frais de quittance : beaucoup de modèles de bail contiennent encore des clauses que la loi interdit. Elles ne font pas tomber le bail, mais vous ne pouvez pas les appliquer, et les sommes perçues sur leur fondement peuvent vous être réclamées. Voici la liste de l'article 4 de la loi du 6 juillet 1989, à jour au 4 octobre 2026.

En bref

La liste de l'article 4

« Est réputée non écrite toute clause » qui :

LettreClause interdite
aoblige le locataire à faire visiter le logement en vue de sa vente ou de sa location les jours fériés ou plus de deux heures les jours ouvrables
bl'oblige à s'assurer auprès d'une compagnie choisie par le bailleur
cimpose le prélèvement automatique ou la signature à l'avance de traites ou de billets à ordre
dautorise le bailleur à prélever le loyer directement sur le salaire
eprévoit la responsabilité collective des locataires en cas de dégradation d'un élément commun
fengage le locataire à rembourser des réparations locatives estimées par le seul bailleur
gprévoit la résiliation de plein droit pour un motif autre que ceux autorisés (voir plus bas)
hpermet de diminuer ou supprimer des prestations prévues sans contrepartie équivalente
iautorise le bailleur à percevoir des amendes ou des pénalités en cas d'infraction au bail ou au règlement intérieur
jinterdit une activité politique, syndicale, associative ou confessionnelle
kfacture l'état des lieux de sortie lorsqu'il n'est pas établi par un commissaire de justice
lprévoit une reconduction pour une durée inférieure à la durée légale (location vide)
minterdit au locataire de rechercher la responsabilité du bailleur ou exonère celui-ci de toute responsabilité
ninterdit d'héberger des personnes ne vivant pas habituellement avec le locataire
oimpose des sommes à l'entrée en plus des honoraires autorisés et du dépôt de garantie
pmet à la charge du locataire des frais de relance, d'expédition de la quittance ou de procédure au-delà des dépens et de l'article 700 du code de procédure civile
qrend le locataire automatiquement responsable des dégradations constatées
rinterdit de demander une indemnité pour des travaux de plus de vingt et un jours
spermet la résiliation de plein droit par simple ordonnance de référé insusceptible d'appel
toblige à louer des équipements en plus du logement

Ces règles s'appliquent aussi au meublé de résidence principale, sauf la lettre l). → Visites et travaux · → L'assurance du locataire

D'autres interdictions, hors article 4

Ce que devient une clause interdite

Une clause « réputée non écrite » est censée n'avoir jamais existé : vous ne pouvez pas vous en prévaloir, et le reste du bail continue de s'appliquer. Le locataire peut réclamer le remboursement des sommes payées sur son fondement (frais de relance, pénalités, frais de dossier), dans le délai de trois ans des actions nées du bail (article 7-1). Dans un bail commercial, la Cour de cassation a jugé que l'action tendant à faire constater qu'une clause est non écrite n'est pas soumise à prescription (Cass. 3e civ., 19 novembre 2020, n° 19-20.405). → Les délais de prescription

Les clauses permises, mais encadrées

Et les clauses abusives ?

Le code de la consommation répute non écrites les clauses abusives dans les contrats conclus entre un professionnel et un consommateur (articles L. 212-1 et L. 241-1). Il vise donc les bailleurs professionnels, comme les sociétés immobilières : la Cour de cassation a ainsi jugé abusive la clause d'un bailleur professionnel mettant à la charge du locataire la quasi-totalité des dépenses normalement supportées par le bailleur (Cass. 3e civ., 17 décembre 2015, n° 14-25.523, à propos d'un bail meublé). Un particulier n'est en principe pas concerné par ce texte, mais l'article 4 s'applique à tous les bailleurs.

Rédiger un bail sans risque

Le bail doit respecter le contrat type fixé par décret, qui a été mis à jour pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 1er octobre 2026 (décret n° 2026-596). Si vous utilisez un modèle du commerce, traquez en particulier : les frais de relance ou de quittance, les pénalités de retard, l'assureur imposé, l'interdiction des animaux ou d'héberger, la clause résolutoire « pour tout manquement », la responsabilité automatique du locataire, des visites sans limite horaire et des frais de dossier. → Le bail meublé

Questions fréquentes

Une clause interdite rend-elle le bail nul ?

Non. Seule la clause est réputée non écrite ; le reste du bail s'applique.

Le bailleur peut-il interdire les animaux ?

Non, sauf les chiens d'attaque de première catégorie. Le locataire reste responsable des dégâts et troubles causés par son animal.

Peut-on prévoir des pénalités de retard dans le bail ?

Non. Les pénalités sont interdites ; seuls les intérêts au taux légal courent après une mise en demeure.

Le bailleur peut-il imposer son assureur au locataire ?

Non. Le locataire choisit son assureur ; le bailleur peut exiger une attestation chaque année et, faute d'assurance après mise en demeure, souscrire une assurance pour le compte du locataire et en récupérer le coût.

Le locataire peut-il récupérer des frais payés à tort ?

Oui, dans un délai de trois ans, par exemple pour des frais de relance ou de quittance facturés à tort.

Des relances sans frais, des quittances gratuites

Les relances et mises en demeure générées par GestiPilot ne comportent ni frais ni pénalités, et les quittances sont remises au locataire sans frais : vous restez dans le cadre de l'article 4.

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Sources

Article à jour au 4 octobre 2026. Il a une valeur informative et ne remplace pas le conseil d'un professionnel du droit.